Forum Bretagne Vivante

www.forumbretagne-vivante.org
 
AccueilPortailFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 [Biblio] Récits d'aventures naturalistes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
AuteurMessage
GOLAWIL

avatar

Date d'inscription : 03/05/2011
Age : 41
Localisation : Rennes

MessageSujet: "Babiroussa, une vie jusqu'au bout des rêves" de Maurice Patry   Mar 3 Oct 2017 - 8:32

"Babiroussa, une vie jusqu'au bout des rêves" de Maurice Patry
Cette autobiographie est intéressante par l'évolution naturaliste de cet aventurier. D'abord chasseur puis guide de chasse, il réalise que la faune sauvage est en péril même dans les coins les plus reculés du monde. Il devient progressivement protecteur de la faune. Alors qu'il rêvait de trophées de chasse, il dissuade les chasseurs de tirer, préférant leur faire découvrir l'art de l'approche. Sa caméra remplacera ensuite son fusil. Outre sa traversée de l'Afrique en kayak, au tout début des années 1950, il est aussi le redécouvreur du Babiroussa. Ce parent du sanglier était connu des Célèbes mais n'existait plus que dans des zoos. Maurice Patry a traqué l'animal dans les forêts primaires indonésiennes pour enfin le rencontrer en 1988. Son territoire de chasse africain et la forêt des babiroussas sont devenus des réserves naturelles.

"La lecture, au moins, m'avait sauvé du désespoir. C'était comme un rêve, un "ailleurs" merveilleux à travers lequel je m'échappais de ma pauvre réalité. L'aventure ! La vie des grands explorateurs ! Les expéditions folles de ces héros solitaires à l'autre bout de notre planète, sur les glaciers, dans la savane, quel tam-tam dans ma tête ! Chez ma grand-mère [à Binic], il y avait tous les Jules Verne. Mais mon préféré était un livre de Franck Buck, Ramenez-les vivants ! C'était un cadeau de ma tante, on y parlait d'animaux sauvages, ça se passait à Sumatra et je le relisais sans cesse, il y soufflait le vent du large." p13

"Je sens la houle gonfler sous moi, dresser des murs déferlants au-dessus de ma tête, je n'ai aucun moyen de les éviter, je ne vois rien. J'appelle Havot, il ne répond pas. Le kayak est soulevé, bousculé de tous côtés, il craque sous l'effort et se tord. J'essaie de le placer face à la houle mais je n'ai aucun repère et le jour ne se lèvera que dans deux heures. Tenir, ma seule obsession, dériver le moins possible. Le vent fait un raffût d'enfer, pourtant, à quelques mètres de moi, tout à coup j'entends une sorte de mugissement suivi d'un "plouf" caractéristique qui me glace les sangs. Un crocodile ou un hippopotame ? Je tente de reculer, au bord de l'hystérie. Je pagaie comme un malade en sens inverse, priant le ciel et tous ces saints de me garder en vie ! Je m'escrime pendant les deux heures qui restent, je me bats, je ne sais même plus  contre quoi ! Puis le ciel s'éclaircit lentement." p101

"La journée suivante est moulée sur la précédente, avec les crampes en plus, à force de rester figé. Un oiseau crie dans le lointain, un varan zigzague distraitement à le recherche de quelques charognes comestibles. Soudain, un peu à l'écart, je vois une ombre qui s'approche, qui stoppe à l'abri d'un petit arbre, hésite, jette un regard inquiet. Sa peau est grise, marbrée de boue, son nez pointu s'agite un peu dans ma direction, j'aperçois les petites oreilles en alarme, je suis là, devant, muet, fasciné. C'est lui, c'est l'un deux, c'est un babiroussa qui me regarde !" p215
Bonne lecture Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
GOLAWIL

avatar

Date d'inscription : 03/05/2011
Age : 41
Localisation : Rennes

MessageSujet: "Les pierres du silence" de George B. Schaller   Mar 31 Oct 2017 - 17:21

"Les pierres du silence. A la recherche de la faune himalayenne" de George B. Schaller
Ce récit relate différentes expéditions de George B. Schaller, un naturaliste de grande envergure. Le but de l'auteur est d'évaluer la taille et la répartition des populations de caprins et d'ovins de haute-montagne du sous-continent indien. Ses recherches le mènent du Pakistan au Népal et jusque aux monts des Nilgiri à la pointe sud de l'Inde entre les années 1969 et 1975. A l'époque de nombreuses espèces étaient menacées au Pakistan. Il faut espérer que malgré tous les armes qui circulent dans cette région du monde, la quête de trophées soit moins dévastatrice.
Ce livre est vraiment dépaysant, les animaux et la nature sont omniprésents. Les comportements humains sont bien décrits. Les paysages sont grandioses. Les conditions de vie spartiates font réfléchir sur l'idée de nécessité. Je recommande vraiment ce livre qui correspond tout à fait à la catégorie des récits d'aventures naturalistes.

"Bien que les monts entourant le col de Baroghill fussent très beaux, ils n'abritaient plus qu'une faune réduite. Les Wakhis déclarèrent que la plupart des animaux se trouvaient dans le col de Karambar, et nous prîmes des dispositions pour que trois chevaux emportent dès l'aube notre équipement vers l'amont. J'aurais pu également me louer une monture, mais je préférais marcher : il est impossible d'observer la nature à loisir lorsqu'on se trouve en selle. Au crépuscule, j'installai quelques pièges à souris autour du camp afin d'apprendre quels animaux nocturnes vivaient à ces hauteurs. Au matin, je trouvai deux rongeurs dans mes pièges : un hamster au duvet gris et blanc, Pitymys carruthersi, ce qui, pour citer Tom Roberts auteur de The Mammals of Pakistan (Les mammifères du Pakistan) "constituait la découverte d'une nouvelle espèce dans le subcontinent". Les territoires de chasse habituels de cette espèce se trouvent en effet dans le Turkestan." p65

"Nos porteurs progressaient si lentement que j'avais amplement le temps d'effectuer des détours, à la recherche d'animaux sauvages et d'empreintes. Le lendemain matin, la première chose que je vis fut les traces récentes laissées par un ours brun qui s'était dirigé vers le bas de la vallée. Ce plantigrade était passé à proximité de notre bivouac au cours de la nuit. Tout au long du sentier, et sur des plaques de roche, se trouvaient des laissées de renard roux. J'en récupérai un sac, car chaque fuseau de poils et de plumes avait une histoire à raconter : la moitié contenaient les petites incisives incurvées et les os miniature de rongeurs et de pikas imprudents. J'y trouvai également des restes de lièvres et des plumes et des coquilles d'œuf de perdrix des neiges. Les renards attaquaient-ils ces oiseaux prudents dans leurs nids ? Certaines laissées contenaient des poils d'urial et de bouquetin. Il m'était facile d'imaginer un renard découvrant la victime d'une avalanche et la dévorant avec joie ou encore reniflant soigneusement la proie abandonnée par les loups ou une panthère des neiges. A une occasion, je vis cinq urials mâles gravir une pente couverte d'armoise, leur robe gris-brun se mariant à la perfection avec les nuances du terrain. Le dernier était un mâle magnifique, aux cornes ornées de lourdes nervures qui s'élevaient se sa tête presqu' à la verticale, avant de s'incurver en arrière." p110

"Son visage était étroit et orné d'une barbe noire. Ses yeux avaient le regard attentif et vulnérable du désespoir silencieux, celui d'un homme dont les aspirations ont été étouffées par l'indifférence. Il nous expliqua qu'il lui était impossible d'assurer la subsistance de sa famille avec le salaire de 100 roupies que lui donnait le gouvernement. Afin de survivre, il lui fallait abattre et vendre les arbres qu'il était censé protéger. Il devait également servir de guide à des chasseur clandestins. Mais qui s'en préoccupait ? Aucun inspecteur ne lui avait jamais rendu visite, dans ce poste reculé. Il était heureux de l'intérêt que nous lui portions et il ne ménageait pas ses efforts pour nous montrer des chèvres égagres, qui possédaient toutes des cornes classiques, ainsi qu'une harde d'urials afghans. Ce soir-là, lorsque nous fûmes de retour au campement, il nous offrit de tuer un de ses poulets pour le dîner, bien qu'il n'en possédât que trois. Nous refusâmes son invitation et nous lui proposâmes de partager notre propre repas. C'était un bon guide et un homme honnête malgré son destin tragique." p 137

Pour ne rien gâcher, toutes les espèces de la sous-famille des Caprinés citées dans le texte sont illustrées en début et fin du livre.
Bonne lecture Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
 
[Biblio] Récits d'aventures naturalistes
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
 Sujets similaires
-
» Les Aventures de Scrat
» réunion des naturalistes vannetais
» Les aventures de Toto
» Les aventures d'Uther et After !
» Les aventures de Narcisse

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum Bretagne Vivante :: Espace détente :: Balades dans d'autres paysages-
Sauter vers: