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 [Biblio] Récits d'aventures naturalistes

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GOLAWIL

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MessageSujet: "Babiroussa, une vie jusqu'au bout des rêves" de Maurice Patry   Mar 3 Oct 2017 - 8:32

"Babiroussa, une vie jusqu'au bout des rêves" de Maurice Patry
Cette autobiographie est intéressante par l'évolution naturaliste de cet aventurier. D'abord chasseur puis guide de chasse, il réalise que la faune sauvage est en péril même dans les coins les plus reculés du monde. Il devient progressivement protecteur de la faune. Alors qu'il rêvait de trophées de chasse, il dissuade les chasseurs de tirer, préférant leur faire découvrir l'art de l'approche. Sa caméra remplacera ensuite son fusil. Outre sa traversée de l'Afrique en kayak, au tout début des années 1950, il est aussi le redécouvreur du Babiroussa. Ce parent du sanglier était connu des Célèbes mais n'existait plus que dans des zoos. Maurice Patry a traqué l'animal dans les forêts primaires indonésiennes pour enfin le rencontrer en 1988. Son territoire de chasse africain et la forêt des babiroussas sont devenus des réserves naturelles.

"La lecture, au moins, m'avait sauvé du désespoir. C'était comme un rêve, un "ailleurs" merveilleux à travers lequel je m'échappais de ma pauvre réalité. L'aventure ! La vie des grands explorateurs ! Les expéditions folles de ces héros solitaires à l'autre bout de notre planète, sur les glaciers, dans la savane, quel tam-tam dans ma tête ! Chez ma grand-mère [à Binic], il y avait tous les Jules Verne. Mais mon préféré était un livre de Franck Buck, Ramenez-les vivants ! C'était un cadeau de ma tante, on y parlait d'animaux sauvages, ça se passait à Sumatra et je le relisais sans cesse, il y soufflait le vent du large." p13

"Je sens la houle gonfler sous moi, dresser des murs déferlants au-dessus de ma tête, je n'ai aucun moyen de les éviter, je ne vois rien. J'appelle Havot, il ne répond pas. Le kayak est soulevé, bousculé de tous côtés, il craque sous l'effort et se tord. J'essaie de le placer face à la houle mais je n'ai aucun repère et le jour ne se lèvera que dans deux heures. Tenir, ma seule obsession, dériver le moins possible. Le vent fait un raffût d'enfer, pourtant, à quelques mètres de moi, tout à coup j'entends une sorte de mugissement suivi d'un "plouf" caractéristique qui me glace les sangs. Un crocodile ou un hippopotame ? Je tente de reculer, au bord de l'hystérie. Je pagaie comme un malade en sens inverse, priant le ciel et tous ces saints de me garder en vie ! Je m'escrime pendant les deux heures qui restent, je me bats, je ne sais même plus  contre quoi ! Puis le ciel s'éclaircit lentement." p101

"La journée suivante est moulée sur la précédente, avec les crampes en plus, à force de rester figé. Un oiseau crie dans le lointain, un varan zigzague distraitement à le recherche de quelques charognes comestibles. Soudain, un peu à l'écart, je vois une ombre qui s'approche, qui stoppe à l'abri d'un petit arbre, hésite, jette un regard inquiet. Sa peau est grise, marbrée de boue, son nez pointu s'agite un peu dans ma direction, j'aperçois les petites oreilles en alarme, je suis là, devant, muet, fasciné. C'est lui, c'est l'un deux, c'est un babiroussa qui me regarde !" p215
Bonne lecture Very Happy
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Les pierres du silence" de George B. Schaller   Mar 31 Oct 2017 - 17:21

"Les pierres du silence. A la recherche de la faune himalayenne" de George B. Schaller
Ce récit relate différentes expéditions de George B. Schaller, un naturaliste de grande envergure. Le but de l'auteur est d'évaluer la taille et la répartition des populations de caprins et d'ovins de haute-montagne du sous-continent indien. Ses recherches le mènent du Pakistan au Népal et jusque aux monts des Nilgiri à la pointe sud de l'Inde entre les années 1969 et 1975. A l'époque de nombreuses espèces étaient menacées au Pakistan. Il faut espérer que malgré tous les armes qui circulent dans cette région du monde, la quête de trophées soit moins dévastatrice.
Ce livre est vraiment dépaysant, les animaux et la nature sont omniprésents. Les comportements humains sont bien décrits. Les paysages sont grandioses. Les conditions de vie spartiates font réfléchir sur l'idée de nécessité. Je recommande vraiment ce livre qui correspond tout à fait à la catégorie des récits d'aventures naturalistes.

"Bien que les monts entourant le col de Baroghill fussent très beaux, ils n'abritaient plus qu'une faune réduite. Les Wakhis déclarèrent que la plupart des animaux se trouvaient dans le col de Karambar, et nous prîmes des dispositions pour que trois chevaux emportent dès l'aube notre équipement vers l'amont. J'aurais pu également me louer une monture, mais je préférais marcher : il est impossible d'observer la nature à loisir lorsqu'on se trouve en selle. Au crépuscule, j'installai quelques pièges à souris autour du camp afin d'apprendre quels animaux nocturnes vivaient à ces hauteurs. Au matin, je trouvai deux rongeurs dans mes pièges : un hamster au duvet gris et blanc, Pitymys carruthersi, ce qui, pour citer Tom Roberts auteur de The Mammals of Pakistan (Les mammifères du Pakistan) "constituait la découverte d'une nouvelle espèce dans le subcontinent". Les territoires de chasse habituels de cette espèce se trouvent en effet dans le Turkestan." p65

"Nos porteurs progressaient si lentement que j'avais amplement le temps d'effectuer des détours, à la recherche d'animaux sauvages et d'empreintes. Le lendemain matin, la première chose que je vis fut les traces récentes laissées par un ours brun qui s'était dirigé vers le bas de la vallée. Ce plantigrade était passé à proximité de notre bivouac au cours de la nuit. Tout au long du sentier, et sur des plaques de roche, se trouvaient des laissées de renard roux. J'en récupérai un sac, car chaque fuseau de poils et de plumes avait une histoire à raconter : la moitié contenaient les petites incisives incurvées et les os miniature de rongeurs et de pikas imprudents. J'y trouvai également des restes de lièvres et des plumes et des coquilles d'œuf de perdrix des neiges. Les renards attaquaient-ils ces oiseaux prudents dans leurs nids ? Certaines laissées contenaient des poils d'urial et de bouquetin. Il m'était facile d'imaginer un renard découvrant la victime d'une avalanche et la dévorant avec joie ou encore reniflant soigneusement la proie abandonnée par les loups ou une panthère des neiges. A une occasion, je vis cinq urials mâles gravir une pente couverte d'armoise, leur robe gris-brun se mariant à la perfection avec les nuances du terrain. Le dernier était un mâle magnifique, aux cornes ornées de lourdes nervures qui s'élevaient se sa tête presqu' à la verticale, avant de s'incurver en arrière." p110

"Son visage était étroit et orné d'une barbe noire. Ses yeux avaient le regard attentif et vulnérable du désespoir silencieux, celui d'un homme dont les aspirations ont été étouffées par l'indifférence. Il nous expliqua qu'il lui était impossible d'assurer la subsistance de sa famille avec le salaire de 100 roupies que lui donnait le gouvernement. Afin de survivre, il lui fallait abattre et vendre les arbres qu'il était censé protéger. Il devait également servir de guide à des chasseur clandestins. Mais qui s'en préoccupait ? Aucun inspecteur ne lui avait jamais rendu visite, dans ce poste reculé. Il était heureux de l'intérêt que nous lui portions et il ne ménageait pas ses efforts pour nous montrer des chèvres égagres, qui possédaient toutes des cornes classiques, ainsi qu'une harde d'urials afghans. Ce soir-là, lorsque nous fûmes de retour au campement, il nous offrit de tuer un de ses poulets pour le dîner, bien qu'il n'en possédât que trois. Nous refusâmes son invitation et nous lui proposâmes de partager notre propre repas. C'était un bon guide et un homme honnête malgré son destin tragique." p 137

Pour ne rien gâcher, toutes les espèces de la sous-famille des Caprinés citées dans le texte sont illustrées en début et fin du livre.
Bonne lecture Very Happy
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GOLAWIL

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MessageSujet: "La femme aux serpents" de Nicole Viloteau   Jeu 30 Nov 2017 - 16:54

"La femme aux serpents" de Nicole Viloteau
Ce livre est une autobiographie qui relate la passion de l'auteur pour l'herpétologie. Elle aurait pu rester en France collectionner et présenter des serpents mais sa soif de découverte l'a entraînée dans des lieux fascinants et sauvages.
Elle a d'abord prospecté les forêts tropicales africaines puis amazoniennes avant d'explorer l'Australie.
Je recommande sincèrement cet ouvrage pour le dépaysement qu'il procure. L'auteur évoque également la façon dont elle organise ses escapades et comment les rencontres humaines favorisent les rencontres animales.
Je suis surpris que cette herpétologue française et contemporaine qui écrit et communique si bien soit si peu connue. Peut-être suis-je le seul à être passé à côté ?


"Je connais bien sûr les raisons de ma passion pour les reptiles, mais, aplatie dans l'herbe haute, je les comprends mieux encore. C'est que, outre leur beauté, leurs couleurs qui me font chanter la tête, face au danger, ils savent se camoufler, faire front lorsqu'ils sont acculés. Ils sont comme moi, farouchement individualistes, ne vivent pas en couple, se rencontrent à la saison des amours et se séparent le plus simplement du monde. Parfaitement libres sur leur territoire de chasse et de mort."

"Appel puissant, irrésistible, qui me pousse vers l'inconnu. Besoin insatiable d'en apprendre toujours plus sur la vie sauvage, déchiffrer les codes de la forêt vierge. L'envie fréquente de rebrousser chemin. Désir viscéral de fuir ce curieux rêve éveillé, cauchemar plein de séduction contre lequel se heurtent la raison, l'instinct de conservation. Un goût prononcé pour l'aventure, doublé d'une curiosité dévorante, l'emporte sur la peur, me récompense par la découverte de fleurs, ou de créatures inconnues."

"La morsure est souvent mortelle pour l'homme et le venin est fortement neurotoxique. Depuis que j'explore l'Australie, je n'ai pas encore eu la chance de capturer une seule "Vipère-de-la-Mort". Les ouvrages herpétologiques mettent en garde contre la tactique d'attaque de l'animal qui frappe comme un ressort, de façon agressive. A vérifier ! De nombreuses erreurs se glissent dans les livres d'herpétologie."

https://www.youtube.com/watch?v=bl6CfzWfyYo
Bonne lecture Very Happy
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The Ghost Nightjar

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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    Ven 8 Déc 2017 - 6:20

GOLAWIL a écrit:
"La femme aux serpents" de Nicole Viloteau (...)
Je suis surpris que cette herpétologue française et contemporaine qui écrit et communique si bien soit si peu connue. Peut-être suis-je le seul à être passé à côté ?(...)

Elle a fait quelques plateaux télés à l'époque de la sortie de son livre (que je n'ai pas lu, mais que je vais noter sur ma liste ;-). Une femme de caractère qui fut mordu à la lèvre par une des bébêtes qui la passionnait (serpent à sonnettes ou crotale).
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The Ghost Nightjar

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MessageSujet: "Latitudes" de Philippe Huet   Ven 5 Jan 2018 - 20:33

Philippe Huet me semble posséder une belle plume. J'ai apprécié la lecture de ses "impressions de voyages naturalistes", il sait partager ses observations et moments de Nature. Au programme : Bénin, Kenya, Biélorussie, Espagne, Argentine et Finlande.
Super, mais c'est trop court ;-)

Philippe Huet est par ailleurs spécialiste du loup et a écrit plusieurs livre sur le sujet.
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Le retour de Moby Dick" de François Sarano   Mar 9 Jan 2018 - 12:28

(Intéressant ! Je note cette référence Wink  )

"Le retour de Moby Dick" de François Sarano
Dans ce livre, François Sarano raconte ses propres études sur une famille de cachalot de l'océan indien, au large de l'île Maurice. Il fait également allusion aux toutes dernières découvertes sur les mammifères marins et les autres groupes de cachalot à travers le monde. Il y a encore quelques années, les cachalots, quasiment exterminés par la chasse, fuyaient les humains. Les études ne pouvaient se faire que de la surface avec des micros, ou aux jumelles. Désormais, moins persécutés, ils recommencent à nous faire confiance. Les scientifiques peuvent nager à proximité et observer directement leurs comportements. Cet ouvrage est particulièrement intéressant.
Par ailleurs j'aime beaucoup les illustrations qui sont un bon support pour l'imagination du lecteur. L'idée d'intégrer les QR-code est assez innovante et permet de visionner des vidéos sur un smartphone. C'est un plus qui rapproche le livre du documentaire animalier.
(Pour ma part, je préfère les illustrations en noir et blanc qui s'intègrent mieux à la lecture. J'ai apprécié de tester cette technologie avant et après. Finalement les codebarre KRé ont l'avantage d'être discrets et n'obligent pas à s'interrompre de peur de manquer une information, donc ça me va Wink )


"Un hologramme sonore... une perception du monde que nous avons peine à nous représenter tant elle est différente de la nôtre. De même que, là où nous ne voyons que du vide, le chien perçoit des nébuleuses d'odeurs aussi visibles que des nuages, le cachalot voit avec ses oreilles, là où nos yeux ne distinguent rien. Nous devons garder à l'esprit que nos sens ne nous permettent d'appréhender qu'une petite partie du monde réel qui nous entoure."

"Préoccupés par la mort, ces chasseurs, qui abordaient la révolution néolithique, ont gravé sur le cairn de l'île de Gavrinis au coeur du golfe du Morbihan, sur le dolmen de Dombate en Galice et jusqu'au Portugal, des dizaines de représentation de cachalot, cétacé à grosse tête quadrangulaire."

"Aucun papillon, aucune hirondelle n'a cette grâce lente, cette fluidité délicate. Ils vrillent sur eux-mêmes, s'enlacent, se caressent. Souplesse, élasticité des corps qui ne pèsent plus des tonnes, mais des plumes. Leurs contorsions sont des arabesques légères. Le ballet dure six minutes. Nous sommes envoûtés, projetés dans un autre monde, une autre dimension, un autre espace temporel. Qu'expriment ces arabesques, si ce n'est un immense bien-être, un ronronnement voluptueux des corps ?"
Lien vers une vidéo d'un des QR-code : https://www.longitude181.org/l181-actes_sud-7/
Bonne lecture et bonne année king
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Bivouacs à Bornéo" de Pierre Pfeffer   Mar 23 Jan 2018 - 18:42

"Bivouacs à Bornéo" de Pierre Pfeffer
Cette expédition se passe à la fin des années 1950. L'auteur nous offre par ce récit un témoignage très intéressant sur la vie des tribus habitant la forêt équatoriale de Bornéo. C'est aussi le témoignage de l'un des derniers naturalistes à l'ancienne, autant chasseur que collecteur. (Il s'en excuse d'ailleurs dans la préface de la réédition de 1990).
Cette aventure est une fabuleuse immersion dans un monde actuellement très menacé par la déforestation.


"Les journées les plus pénibles en pirogue étaient celles où la pluie se mettait à tomber en cataractes pendant des heures. En un clin d'œil nous étions trempés comme des éponges, glacés et grelottants, bien que nous fussions sous l'équateur. En vain nous tentions de nous réchauffer en pagayant de toutes nos forces, après une heure ou deux de cette douche réfrigérante le moral baissait en flèche et nous commencions à envier ceux qui étaient bien à l'abri dans leurs logis douillets ou leurs bureaux confortables !"

"Anxieux de rapporter cette pièce unique en bon état, je préparai l'oiseau à la lumière vacillante du feu où mes compagnons cuisaient notre riz quotidien dans des tiges de bambou.  Après le repas nous  fixâmes les moustiquaires au toit de l'abri et nous allongeâmes, fumant le rituel cigare de tabac vert. C'était toujours le moment où mes guides m'accablaient de questions les plus diverses sur la nature, sur les astres, sur Dieu, sur le fonctionnement d'un fusil ou d'une lampe de poche. Je répondais de mon mieux tout en regrettant de ne pas être à la fois docteur en théologie, en astronomie et en électrophysique pour satisfaire pleinement leur curiosité."

"Nous faufilant silencieusement dans les broussailles, nous parvînmes à une vingtaine de pas d'un oiseau trapu ayant vaguement l'allure d'un perroquet, qui était perché sur une branche basse. Je le reconnus immédiatement comme appartenant à une espèce que l'on m'avait spécialement demandée au Muséum et sa silhouette m'était devenue familière par les descriptions de divers auteurs. Pourvu que je l'aie, pensai-je en tirant. Il tomba et un instant après j'eus entre les mains, avec la pointe de regret que l'on éprouve devant une belle fleur brisée, ce splendide oiseau au plumage vert tendre constellé de gouttelettes d'un noir velouté. C'était l'Eurylaime de Whitehead, du nom de l'explorateur anglais qui en rapporta le premier spécimen du mont Kinabalou dans le nord de Bornéo."

Bonne lecture (dans votre logis douillet Wink )
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Les chimpanzés et moi" de Jane Van Lawick-Goodall   Mar 6 Fév 2018 - 8:37

"Les chimpanzés et moi" de Jane Van Lawick-Goodall
Le sujet du livre insiste plus sur l'observations du comportement des chimpanzés que sur la description de leur environnement. C'est tout de même est bon dépaysement quand on s'imagine ces animaux sauvages en liberté dans la forêt tropicale, non loin du lac Tanganyika, en Tanzanie. Le récit se déroule dans les années 1960.
En partie grâce au succès du livre, l'expérience continue encore aujourd'hui. Cette population de chimpanzés est actuellement la plus étudiée (les liens entre les individus sont connus sur plusieurs générations).
C'est un livre passionnant sur une espèce très proche et très menacée.


"Je pris intensément conscience des arbres : le contact de ma main avec l'aspérité d'un tronc noueux ou avec la tendre fraîcheur d'une jeune écorce évoquait aussitôt en moi la présence des racines sous la terre et les pulsations de la sève. J'aurais voulu pouvoir me balancer aux branches comme les chimpanzés, et dormir sur les cimes des arbres en étant bercée par le bruissement des feuilles sous le vent. Surtout, j'aimais m'asseoir dans une forêt lorsqu'il pleuvait, écouter le tambourinage des gouttes sur les feuilles, et me sentir enfermée dans un monde incertain, crépusculaire, de verts, de bruns, de moiteur."

"Il est fréquent que, lorsqu'un chimpanzé se lève au milieu d'un groupe qui se repose et qu'il s'éloigne d'un pas décidé, les autres se lèvent à leur tour et le suivent. L'initiateur de ce mouvement d'ensemble n'a pas besoin d'être un individu d'un rang supérieur : une femelle, voire un jeune peuvent donner le signal de départ. Un jour où Figan faisait partie d'une bande nombreuse et où, par conséquent, il n'avait pas réussi à obtenir plus de deux bananes pour lui-même , il se leva subitement et s'en alla. Les autres partirent derrière lui. Dix minutes plus tard, il revînt tout seul - et, bien entendu, eut toute sa ration de bananes.

"Mais même au cours de ces nuits, notre conversation roulait presque exclusivement sur les chimpanzés ; si notre travail ne s'était confondu avec notre agrément, je me demande si nous aurions pu soutenir un rythme pareil. Nous étions tous totalement absorbés par les faits et gestes de notre groupe de chimpanzés. Comme Hugo le disait souvent, nous avions l'air d'être les spectateurs de la vie d'un petit village. Fascination continuelle, plaisir continuel, travaux continuels."

Bonne lecture Very Happy
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Souvenirs d'Eden" de Biruté Galdikas   Mar 20 Fév 2018 - 8:52

"Souvenirs d'Eden" de Biruté Galdikas
Voici le troisième opus de la trilogie sur les grands singes désirée par Louis Leakey. Ce paléontologue réputé était persuadé que pour comprendre nos ancêtres il fallait étudier nos proches parents encore vivants. Il a donc recruté trois femmes devenues célèbres : Jane Goodall pour les chimpanzés, Dian Fossey pour les gorilles et Biruté Galdikas pour les Orang-outans.
Ce sont toutes des femmes car les grands anthropoïdes sont capables de distinguer les hommes des femmes. Et les mâles humains sont perçus par eux comme une menace ou une concurrence.
Ce récit est une autobiographie qui nous entraîne au cœur des grandes forêt tropicales de Bornéo. Biruté Galdikas nous décrit son milieu de vie, ses conditions de travail sur le terrain, ses observations du comportement des Orang-outans (sauvages et ex-captifs) et aussi ses relations aux humains qui l'entourent (au cours des années 1970-80). Aujourd'hui, à l'heure de la déforestation galopante, on se rend compte de l'importance qu'elle a eu pour la sauvegarde des Orang-outans. Elle avait d'ailleurs tout de suite compris qu'il ne suffisait pas de protéger des animaux sans préserver leur milieu de vie.
Son témoignage est passionnant, très bien écrit. Un document à lire.


"Cela faisait plus de deux mois que je me trouvais au Kalimantan, et je passais tout mon temps à chercher des orang-outangs, équipée de mon calepin, de mes jumelles, d'une machette de brousse et d'une gourde de café froid. J'arpentais la forêt en long et en large depuis le levé du jour jusque tard dans la soirée. Les oiseaux et les insectes ne manquaient pas à l'appel ; en revanche, les anthropoïdes semblaient absents - même si j'apercevais, ici et là, leurs nids en haut des arbres, comme les témoins muets de leur présence."

Sur le chemin du retour, il bruina. Le ladang était long à traverser, sept cent à mille mètres. Soudain, dans les herbes épaisses qui longeaient le sentier, une masse sombre émergea. C'était un jeune mâle énorme, qui avançait sur ses quatre membres. Il traversa, sous la pluie et le plus tranquillement du monde, juste devant moi, sans me remarquer, et disparut de l'autre côté. Je restai plantée là jusqu'à ce que les hautes herbes aient cessé de faire des vagues.
J'étais frappée par cette apparition soudaine, un peu comme si j'avais rencontré un australopithèque dans la savane africaine à l'aube de la préhistoire. C'était la première fois que je voyais un orang-outang sauvage sur le sol en terrain découvert. Avec leurs membres démesurés, ces anthropoïdes ne sont tout simplement pas fait pour la vie sur la terre ferme. Alors, qui aurait imaginé en rencontrer un à trois ou quatre cents mètres de tout arbre à escalader ?"

"Du fond de mon hamac à Camp Wilkie, dans l'épaisseur de la nuit à peine éclairée par les dernières braises du feu de la veille, il m'est souvent arrivé de repérer ainsi les cris différents de trois mâles, qui semblaient se répondre de loin en loin. Certains étaient à peine audibles, parce qu'ils étaient émis à une trop grande distance de moi ; d'autres étaient clairs et d'une sonorité vibrante, comme ciselés par l'air tranquille de la nuit ; ou encore déformés et assourdis sous l'effet du vent. Je me demandais ce que ces mâles pouvaient bien avoir à se dire. Peut-être l'échange avec un congénère était-il rassurant, déjà parce qu'il montrait qu'on était pas tout seul dans l'univers ? Ou bien était-ce l'expression du trouble provoqué par la découverte que des rivaux se trouvaient plus près qu'on ne le croyait ? J'eus la chair de poule à la seule pensée que pareils cris s'étaient propagés toutes les nuits depuis des millénaires au sein de la grande forêt primaire."

Bonne lecture Very Happy
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Arlan

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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    Mar 20 Fév 2018 - 15:21

"Les diplomates" de Baptiste Morizot



Après avoir lu ce livre je peux vous assurer que l'on ne voit plus le loup comme avant. Son approche de la problématique du loup est vraiment particulière mais elle a - en tout premier lieu - le mérite de dépassionner le débat au sujet de cet animal, ensuite sa méthode de la "diplomatie" peut surprendre mais finalement on se dit elle est tout ce qu'il y a de plus sensé et elle nous invite également à nous interroger sur notre place réelle dans la nature.

La lecture de l'ouvrage n'est certes pas aisée du début jusqu'à la fin pour qui n'a jamais fait d'études de philo (comme moi !) mais elle reste quand même abordable la plupart du temps, donc pas d'hésitations, plongez-y !

On peut également y associer "Le Loup" de Jean-Marc Landry



Un des "diplomates" cité dans l'ouvrage de B. Morizot, un des ouvrages les plus complets - sinon le plus complet de tous - sur le loup.
Vous pouvez y aller sans retenue, vous ne le regretterez pas.
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CHANNIG PLEURDUD
Section Kreiz Breizh


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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    Mer 21 Fév 2018 - 11:49

J'avais signalé le livre de B.Morizot sur un autre post

http://www.forumbretagne-vivante.org/t16886-carte-de-dispersion-du-loup?highlight=le+loup

il était passé sur France-Culture :
https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouvelles-vagues/l-animal-15-une-nouvelle-carte-du-vivant-loup-y-es-tu

Il faut maintenant que je me procure le livre de Jean-Marc  Landry !!

Bonnes lectures à tous
Jeanine
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Arlan

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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    Mer 21 Fév 2018 - 14:35

Oups, désolé !

Je suis récent sur le forum et je n'ai pas encore eu l'occasion de le parcourir entièrement.
J'avais écouté l'émission sur France Culture et c'était vraiment très bien, le seul souci avec ce genre d'émission c'est que c'est une diffusion assez restreinte et malheureusement des gens comme Baptiste Morizot -ainsi que leurs travaux - restent toujours méconnus du grand public.
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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    

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[Biblio] Récits d'aventures naturalistes
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