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 [Biblio] Récits d'aventures naturalistes

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GOLAWIL

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MessageSujet: "Babiroussa, une vie jusqu'au bout des rêves" de Maurice Patry   Mar 3 Oct 2017 - 8:32

"Babiroussa, une vie jusqu'au bout des rêves" de Maurice Patry
Cette autobiographie est intéressante par l'évolution naturaliste de cet aventurier. D'abord chasseur puis guide de chasse, il réalise que la faune sauvage est en péril même dans les coins les plus reculés du monde. Il devient progressivement protecteur de la faune. Alors qu'il rêvait de trophées de chasse, il dissuade les chasseurs de tirer, préférant leur faire découvrir l'art de l'approche. Sa caméra remplacera ensuite son fusil. Outre sa traversée de l'Afrique en kayak, au tout début des années 1950, il est aussi le redécouvreur du Babiroussa. Ce parent du sanglier était connu des Célèbes mais n'existait plus que dans des zoos. Maurice Patry a traqué l'animal dans les forêts primaires indonésiennes pour enfin le rencontrer en 1988. Son territoire de chasse africain et la forêt des babiroussas sont devenus des réserves naturelles.

"La lecture, au moins, m'avait sauvé du désespoir. C'était comme un rêve, un "ailleurs" merveilleux à travers lequel je m'échappais de ma pauvre réalité. L'aventure ! La vie des grands explorateurs ! Les expéditions folles de ces héros solitaires à l'autre bout de notre planète, sur les glaciers, dans la savane, quel tam-tam dans ma tête ! Chez ma grand-mère [à Binic], il y avait tous les Jules Verne. Mais mon préféré était un livre de Franck Buck, Ramenez-les vivants ! C'était un cadeau de ma tante, on y parlait d'animaux sauvages, ça se passait à Sumatra et je le relisais sans cesse, il y soufflait le vent du large." p13

"Je sens la houle gonfler sous moi, dresser des murs déferlants au-dessus de ma tête, je n'ai aucun moyen de les éviter, je ne vois rien. J'appelle Havot, il ne répond pas. Le kayak est soulevé, bousculé de tous côtés, il craque sous l'effort et se tord. J'essaie de le placer face à la houle mais je n'ai aucun repère et le jour ne se lèvera que dans deux heures. Tenir, ma seule obsession, dériver le moins possible. Le vent fait un raffût d'enfer, pourtant, à quelques mètres de moi, tout à coup j'entends une sorte de mugissement suivi d'un "plouf" caractéristique qui me glace les sangs. Un crocodile ou un hippopotame ? Je tente de reculer, au bord de l'hystérie. Je pagaie comme un malade en sens inverse, priant le ciel et tous ces saints de me garder en vie ! Je m'escrime pendant les deux heures qui restent, je me bats, je ne sais même plus  contre quoi ! Puis le ciel s'éclaircit lentement." p101

"La journée suivante est moulée sur la précédente, avec les crampes en plus, à force de rester figé. Un oiseau crie dans le lointain, un varan zigzague distraitement à le recherche de quelques charognes comestibles. Soudain, un peu à l'écart, je vois une ombre qui s'approche, qui stoppe à l'abri d'un petit arbre, hésite, jette un regard inquiet. Sa peau est grise, marbrée de boue, son nez pointu s'agite un peu dans ma direction, j'aperçois les petites oreilles en alarme, je suis là, devant, muet, fasciné. C'est lui, c'est l'un deux, c'est un babiroussa qui me regarde !" p215
Bonne lecture Very Happy
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Les pierres du silence" de George B. Schaller   Mar 31 Oct 2017 - 17:21

"Les pierres du silence. A la recherche de la faune himalayenne" de George B. Schaller
Ce récit relate différentes expéditions de George B. Schaller, un naturaliste de grande envergure. Le but de l'auteur est d'évaluer la taille et la répartition des populations de caprins et d'ovins de haute-montagne du sous-continent indien. Ses recherches le mènent du Pakistan au Népal et jusque aux monts des Nilgiri à la pointe sud de l'Inde entre les années 1969 et 1975. A l'époque de nombreuses espèces étaient menacées au Pakistan. Il faut espérer que malgré tous les armes qui circulent dans cette région du monde, la quête de trophées soit moins dévastatrice.
Ce livre est vraiment dépaysant, les animaux et la nature sont omniprésents. Les comportements humains sont bien décrits. Les paysages sont grandioses. Les conditions de vie spartiates font réfléchir sur l'idée de nécessité. Je recommande vraiment ce livre qui correspond tout à fait à la catégorie des récits d'aventures naturalistes.

"Bien que les monts entourant le col de Baroghill fussent très beaux, ils n'abritaient plus qu'une faune réduite. Les Wakhis déclarèrent que la plupart des animaux se trouvaient dans le col de Karambar, et nous prîmes des dispositions pour que trois chevaux emportent dès l'aube notre équipement vers l'amont. J'aurais pu également me louer une monture, mais je préférais marcher : il est impossible d'observer la nature à loisir lorsqu'on se trouve en selle. Au crépuscule, j'installai quelques pièges à souris autour du camp afin d'apprendre quels animaux nocturnes vivaient à ces hauteurs. Au matin, je trouvai deux rongeurs dans mes pièges : un hamster au duvet gris et blanc, Pitymys carruthersi, ce qui, pour citer Tom Roberts auteur de The Mammals of Pakistan (Les mammifères du Pakistan) "constituait la découverte d'une nouvelle espèce dans le subcontinent". Les territoires de chasse habituels de cette espèce se trouvent en effet dans le Turkestan." p65

"Nos porteurs progressaient si lentement que j'avais amplement le temps d'effectuer des détours, à la recherche d'animaux sauvages et d'empreintes. Le lendemain matin, la première chose que je vis fut les traces récentes laissées par un ours brun qui s'était dirigé vers le bas de la vallée. Ce plantigrade était passé à proximité de notre bivouac au cours de la nuit. Tout au long du sentier, et sur des plaques de roche, se trouvaient des laissées de renard roux. J'en récupérai un sac, car chaque fuseau de poils et de plumes avait une histoire à raconter : la moitié contenaient les petites incisives incurvées et les os miniature de rongeurs et de pikas imprudents. J'y trouvai également des restes de lièvres et des plumes et des coquilles d'œuf de perdrix des neiges. Les renards attaquaient-ils ces oiseaux prudents dans leurs nids ? Certaines laissées contenaient des poils d'urial et de bouquetin. Il m'était facile d'imaginer un renard découvrant la victime d'une avalanche et la dévorant avec joie ou encore reniflant soigneusement la proie abandonnée par les loups ou une panthère des neiges. A une occasion, je vis cinq urials mâles gravir une pente couverte d'armoise, leur robe gris-brun se mariant à la perfection avec les nuances du terrain. Le dernier était un mâle magnifique, aux cornes ornées de lourdes nervures qui s'élevaient se sa tête presqu' à la verticale, avant de s'incurver en arrière." p110

"Son visage était étroit et orné d'une barbe noire. Ses yeux avaient le regard attentif et vulnérable du désespoir silencieux, celui d'un homme dont les aspirations ont été étouffées par l'indifférence. Il nous expliqua qu'il lui était impossible d'assurer la subsistance de sa famille avec le salaire de 100 roupies que lui donnait le gouvernement. Afin de survivre, il lui fallait abattre et vendre les arbres qu'il était censé protéger. Il devait également servir de guide à des chasseur clandestins. Mais qui s'en préoccupait ? Aucun inspecteur ne lui avait jamais rendu visite, dans ce poste reculé. Il était heureux de l'intérêt que nous lui portions et il ne ménageait pas ses efforts pour nous montrer des chèvres égagres, qui possédaient toutes des cornes classiques, ainsi qu'une harde d'urials afghans. Ce soir-là, lorsque nous fûmes de retour au campement, il nous offrit de tuer un de ses poulets pour le dîner, bien qu'il n'en possédât que trois. Nous refusâmes son invitation et nous lui proposâmes de partager notre propre repas. C'était un bon guide et un homme honnête malgré son destin tragique." p 137

Pour ne rien gâcher, toutes les espèces de la sous-famille des Caprinés citées dans le texte sont illustrées en début et fin du livre.
Bonne lecture Very Happy
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GOLAWIL

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MessageSujet: "La femme aux serpents" de Nicole Viloteau   Jeu 30 Nov 2017 - 16:54

"La femme aux serpents" de Nicole Viloteau
Ce livre est une autobiographie qui relate la passion de l'auteur pour l'herpétologie. Elle aurait pu rester en France collectionner et présenter des serpents mais sa soif de découverte l'a entraînée dans des lieux fascinants et sauvages.
Elle a d'abord prospecté les forêts tropicales africaines puis amazoniennes avant d'explorer l'Australie.
Je recommande sincèrement cet ouvrage pour le dépaysement qu'il procure. L'auteur évoque également la façon dont elle organise ses escapades et comment les rencontres humaines favorisent les rencontres animales.
Je suis surpris que cette herpétologue française et contemporaine qui écrit et communique si bien soit si peu connue. Peut-être suis-je le seul à être passé à côté ?


"Je connais bien sûr les raisons de ma passion pour les reptiles, mais, aplatie dans l'herbe haute, je les comprends mieux encore. C'est que, outre leur beauté, leurs couleurs qui me font chanter la tête, face au danger, ils savent se camoufler, faire front lorsqu'ils sont acculés. Ils sont comme moi, farouchement individualistes, ne vivent pas en couple, se rencontrent à la saison des amours et se séparent le plus simplement du monde. Parfaitement libres sur leur territoire de chasse et de mort."

"Appel puissant, irrésistible, qui me pousse vers l'inconnu. Besoin insatiable d'en apprendre toujours plus sur la vie sauvage, déchiffrer les codes de la forêt vierge. L'envie fréquente de rebrousser chemin. Désir viscéral de fuir ce curieux rêve éveillé, cauchemar plein de séduction contre lequel se heurtent la raison, l'instinct de conservation. Un goût prononcé pour l'aventure, doublé d'une curiosité dévorante, l'emporte sur la peur, me récompense par la découverte de fleurs, ou de créatures inconnues."

"La morsure est souvent mortelle pour l'homme et le venin est fortement neurotoxique. Depuis que j'explore l'Australie, je n'ai pas encore eu la chance de capturer une seule "Vipère-de-la-Mort". Les ouvrages herpétologiques mettent en garde contre la tactique d'attaque de l'animal qui frappe comme un ressort, de façon agressive. A vérifier ! De nombreuses erreurs se glissent dans les livres d'herpétologie."

https://www.youtube.com/watch?v=bl6CfzWfyYo
Bonne lecture Very Happy
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The Ghost Nightjar

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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    Ven 8 Déc 2017 - 6:20

GOLAWIL a écrit:
"La femme aux serpents" de Nicole Viloteau (...)
Je suis surpris que cette herpétologue française et contemporaine qui écrit et communique si bien soit si peu connue. Peut-être suis-je le seul à être passé à côté ?(...)

Elle a fait quelques plateaux télés à l'époque de la sortie de son livre (que je n'ai pas lu, mais que je vais noter sur ma liste ;-). Une femme de caractère qui fut mordu à la lèvre par une des bébêtes qui la passionnait (serpent à sonnettes ou crotale).
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The Ghost Nightjar

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MessageSujet: "Latitudes" de Philippe Huet   Ven 5 Jan 2018 - 20:33

Philippe Huet me semble posséder une belle plume. J'ai apprécié la lecture de ses "impressions de voyages naturalistes", il sait partager ses observations et moments de Nature. Au programme : Bénin, Kenya, Biélorussie, Espagne, Argentine et Finlande.
Super, mais c'est trop court ;-)

Philippe Huet est par ailleurs spécialiste du loup et a écrit plusieurs livre sur le sujet.
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Le retour de Moby Dick" de François Sarano   Mar 9 Jan 2018 - 12:28

(Intéressant ! Je note cette référence Wink  )

"Le retour de Moby Dick" de François Sarano
Dans ce livre, François Sarano raconte ses propres études sur une famille de cachalot de l'océan indien, au large de l'île Maurice. Il fait également allusion aux toutes dernières découvertes sur les mammifères marins et les autres groupes de cachalot à travers le monde. Il y a encore quelques années, les cachalots, quasiment exterminés par la chasse, fuyaient les humains. Les études ne pouvaient se faire que de la surface avec des micros, ou aux jumelles. Désormais, moins persécutés, ils recommencent à nous faire confiance. Les scientifiques peuvent nager à proximité et observer directement leurs comportements. Cet ouvrage est particulièrement intéressant.
Par ailleurs j'aime beaucoup les illustrations qui sont un bon support pour l'imagination du lecteur. L'idée d'intégrer les QR-code est assez innovante et permet de visionner des vidéos sur un smartphone. C'est un plus qui rapproche le livre du documentaire animalier.
(Pour ma part, je préfère les illustrations en noir et blanc qui s'intègrent mieux à la lecture. J'ai apprécié de tester cette technologie avant et après. Finalement les codebarre KRé ont l'avantage d'être discrets et n'obligent pas à s'interrompre de peur de manquer une information, donc ça me va Wink )


"Un hologramme sonore... une perception du monde que nous avons peine à nous représenter tant elle est différente de la nôtre. De même que, là où nous ne voyons que du vide, le chien perçoit des nébuleuses d'odeurs aussi visibles que des nuages, le cachalot voit avec ses oreilles, là où nos yeux ne distinguent rien. Nous devons garder à l'esprit que nos sens ne nous permettent d'appréhender qu'une petite partie du monde réel qui nous entoure."

"Préoccupés par la mort, ces chasseurs, qui abordaient la révolution néolithique, ont gravé sur le cairn de l'île de Gavrinis au coeur du golfe du Morbihan, sur le dolmen de Dombate en Galice et jusqu'au Portugal, des dizaines de représentation de cachalot, cétacé à grosse tête quadrangulaire."

"Aucun papillon, aucune hirondelle n'a cette grâce lente, cette fluidité délicate. Ils vrillent sur eux-mêmes, s'enlacent, se caressent. Souplesse, élasticité des corps qui ne pèsent plus des tonnes, mais des plumes. Leurs contorsions sont des arabesques légères. Le ballet dure six minutes. Nous sommes envoûtés, projetés dans un autre monde, une autre dimension, un autre espace temporel. Qu'expriment ces arabesques, si ce n'est un immense bien-être, un ronronnement voluptueux des corps ?"
Lien vers une vidéo d'un des QR-code : https://www.longitude181.org/l181-actes_sud-7/
Bonne lecture et bonne année king
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Bivouacs à Bornéo" de Pierre Pfeffer   Mar 23 Jan 2018 - 18:42

"Bivouacs à Bornéo" de Pierre Pfeffer
Cette expédition se passe à la fin des années 1950. L'auteur nous offre par ce récit un témoignage très intéressant sur la vie des tribus habitant la forêt équatoriale de Bornéo. C'est aussi le témoignage de l'un des derniers naturalistes à l'ancienne, autant chasseur que collecteur. (Il s'en excuse d'ailleurs dans la préface de la réédition de 1990).
Cette aventure est une fabuleuse immersion dans un monde actuellement très menacé par la déforestation.


"Les journées les plus pénibles en pirogue étaient celles où la pluie se mettait à tomber en cataractes pendant des heures. En un clin d'œil nous étions trempés comme des éponges, glacés et grelottants, bien que nous fussions sous l'équateur. En vain nous tentions de nous réchauffer en pagayant de toutes nos forces, après une heure ou deux de cette douche réfrigérante le moral baissait en flèche et nous commencions à envier ceux qui étaient bien à l'abri dans leurs logis douillets ou leurs bureaux confortables !"

"Anxieux de rapporter cette pièce unique en bon état, je préparai l'oiseau à la lumière vacillante du feu où mes compagnons cuisaient notre riz quotidien dans des tiges de bambou.  Après le repas nous  fixâmes les moustiquaires au toit de l'abri et nous allongeâmes, fumant le rituel cigare de tabac vert. C'était toujours le moment où mes guides m'accablaient de questions les plus diverses sur la nature, sur les astres, sur Dieu, sur le fonctionnement d'un fusil ou d'une lampe de poche. Je répondais de mon mieux tout en regrettant de ne pas être à la fois docteur en théologie, en astronomie et en électrophysique pour satisfaire pleinement leur curiosité."

"Nous faufilant silencieusement dans les broussailles, nous parvînmes à une vingtaine de pas d'un oiseau trapu ayant vaguement l'allure d'un perroquet, qui était perché sur une branche basse. Je le reconnus immédiatement comme appartenant à une espèce que l'on m'avait spécialement demandée au Muséum et sa silhouette m'était devenue familière par les descriptions de divers auteurs. Pourvu que je l'aie, pensai-je en tirant. Il tomba et un instant après j'eus entre les mains, avec la pointe de regret que l'on éprouve devant une belle fleur brisée, ce splendide oiseau au plumage vert tendre constellé de gouttelettes d'un noir velouté. C'était l'Eurylaime de Whitehead, du nom de l'explorateur anglais qui en rapporta le premier spécimen du mont Kinabalou dans le nord de Bornéo."

Bonne lecture (dans votre logis douillet Wink )
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Les chimpanzés et moi" de Jane Van Lawick-Goodall   Mar 6 Fév 2018 - 8:37

"Les chimpanzés et moi" de Jane Van Lawick-Goodall
Le sujet du livre insiste plus sur l'observations du comportement des chimpanzés que sur la description de leur environnement. C'est tout de même est bon dépaysement quand on s'imagine ces animaux sauvages en liberté dans la forêt tropicale, non loin du lac Tanganyika, en Tanzanie. Le récit se déroule dans les années 1960.
En partie grâce au succès du livre, l'expérience continue encore aujourd'hui. Cette population de chimpanzés est actuellement la plus étudiée (les liens entre les individus sont connus sur plusieurs générations).
C'est un livre passionnant sur une espèce très proche et très menacée.


"Je pris intensément conscience des arbres : le contact de ma main avec l'aspérité d'un tronc noueux ou avec la tendre fraîcheur d'une jeune écorce évoquait aussitôt en moi la présence des racines sous la terre et les pulsations de la sève. J'aurais voulu pouvoir me balancer aux branches comme les chimpanzés, et dormir sur les cimes des arbres en étant bercée par le bruissement des feuilles sous le vent. Surtout, j'aimais m'asseoir dans une forêt lorsqu'il pleuvait, écouter le tambourinage des gouttes sur les feuilles, et me sentir enfermée dans un monde incertain, crépusculaire, de verts, de bruns, de moiteur."

"Il est fréquent que, lorsqu'un chimpanzé se lève au milieu d'un groupe qui se repose et qu'il s'éloigne d'un pas décidé, les autres se lèvent à leur tour et le suivent. L'initiateur de ce mouvement d'ensemble n'a pas besoin d'être un individu d'un rang supérieur : une femelle, voire un jeune peuvent donner le signal de départ. Un jour où Figan faisait partie d'une bande nombreuse et où, par conséquent, il n'avait pas réussi à obtenir plus de deux bananes pour lui-même , il se leva subitement et s'en alla. Les autres partirent derrière lui. Dix minutes plus tard, il revînt tout seul - et, bien entendu, eut toute sa ration de bananes.

"Mais même au cours de ces nuits, notre conversation roulait presque exclusivement sur les chimpanzés ; si notre travail ne s'était confondu avec notre agrément, je me demande si nous aurions pu soutenir un rythme pareil. Nous étions tous totalement absorbés par les faits et gestes de notre groupe de chimpanzés. Comme Hugo le disait souvent, nous avions l'air d'être les spectateurs de la vie d'un petit village. Fascination continuelle, plaisir continuel, travaux continuels."

Bonne lecture Very Happy
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GOLAWIL

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MessageSujet: "Souvenirs d'Eden" de Biruté Galdikas   Mar 20 Fév 2018 - 8:52

"Souvenirs d'Eden" de Biruté Galdikas
Voici le troisième opus de la trilogie sur les grands singes désirée par Louis Leakey. Ce paléontologue réputé était persuadé que pour comprendre nos ancêtres il fallait étudier nos proches parents encore vivants. Il a donc recruté trois femmes devenues célèbres : Jane Goodall pour les chimpanzés, Dian Fossey pour les gorilles et Biruté Galdikas pour les Orang-outans.
Ce sont toutes des femmes car les grands anthropoïdes sont capables de distinguer les hommes des femmes. Et les mâles humains sont perçus par eux comme une menace ou une concurrence.
Ce récit est une autobiographie qui nous entraîne au cœur des grandes forêt tropicales de Bornéo. Biruté Galdikas nous décrit son milieu de vie, ses conditions de travail sur le terrain, ses observations du comportement des Orang-outans (sauvages et ex-captifs) et aussi ses relations aux humains qui l'entourent (au cours des années 1970-80). Aujourd'hui, à l'heure de la déforestation galopante, on se rend compte de l'importance qu'elle a eu pour la sauvegarde des Orang-outans. Elle avait d'ailleurs tout de suite compris qu'il ne suffisait pas de protéger des animaux sans préserver leur milieu de vie.
Son témoignage est passionnant, très bien écrit. Un document à lire.


"Cela faisait plus de deux mois que je me trouvais au Kalimantan, et je passais tout mon temps à chercher des orang-outangs, équipée de mon calepin, de mes jumelles, d'une machette de brousse et d'une gourde de café froid. J'arpentais la forêt en long et en large depuis le levé du jour jusque tard dans la soirée. Les oiseaux et les insectes ne manquaient pas à l'appel ; en revanche, les anthropoïdes semblaient absents - même si j'apercevais, ici et là, leurs nids en haut des arbres, comme les témoins muets de leur présence."

Sur le chemin du retour, il bruina. Le ladang était long à traverser, sept cent à mille mètres. Soudain, dans les herbes épaisses qui longeaient le sentier, une masse sombre émergea. C'était un jeune mâle énorme, qui avançait sur ses quatre membres. Il traversa, sous la pluie et le plus tranquillement du monde, juste devant moi, sans me remarquer, et disparut de l'autre côté. Je restai plantée là jusqu'à ce que les hautes herbes aient cessé de faire des vagues.
J'étais frappée par cette apparition soudaine, un peu comme si j'avais rencontré un australopithèque dans la savane africaine à l'aube de la préhistoire. C'était la première fois que je voyais un orang-outang sauvage sur le sol en terrain découvert. Avec leurs membres démesurés, ces anthropoïdes ne sont tout simplement pas fait pour la vie sur la terre ferme. Alors, qui aurait imaginé en rencontrer un à trois ou quatre cents mètres de tout arbre à escalader ?"

"Du fond de mon hamac à Camp Wilkie, dans l'épaisseur de la nuit à peine éclairée par les dernières braises du feu de la veille, il m'est souvent arrivé de repérer ainsi les cris différents de trois mâles, qui semblaient se répondre de loin en loin. Certains étaient à peine audibles, parce qu'ils étaient émis à une trop grande distance de moi ; d'autres étaient clairs et d'une sonorité vibrante, comme ciselés par l'air tranquille de la nuit ; ou encore déformés et assourdis sous l'effet du vent. Je me demandais ce que ces mâles pouvaient bien avoir à se dire. Peut-être l'échange avec un congénère était-il rassurant, déjà parce qu'il montrait qu'on était pas tout seul dans l'univers ? Ou bien était-ce l'expression du trouble provoqué par la découverte que des rivaux se trouvaient plus près qu'on ne le croyait ? J'eus la chair de poule à la seule pensée que pareils cris s'étaient propagés toutes les nuits depuis des millénaires au sein de la grande forêt primaire."

Bonne lecture Very Happy
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Arlan

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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    Mar 20 Fév 2018 - 15:21

"Les diplomates" de Baptiste Morizot



Après avoir lu ce livre je peux vous assurer que l'on ne voit plus le loup comme avant. Son approche de la problématique du loup est vraiment particulière mais elle a - en tout premier lieu - le mérite de dépassionner le débat au sujet de cet animal, ensuite sa méthode de la "diplomatie" peut surprendre mais finalement on se dit elle est tout ce qu'il y a de plus sensé et elle nous invite également à nous interroger sur notre place réelle dans la nature.

La lecture de l'ouvrage n'est certes pas aisée du début jusqu'à la fin pour qui n'a jamais fait d'études de philo (comme moi !) mais elle reste quand même abordable la plupart du temps, donc pas d'hésitations, plongez-y !

On peut également y associer "Le Loup" de Jean-Marc Landry



Un des "diplomates" cité dans l'ouvrage de B. Morizot, un des ouvrages les plus complets - sinon le plus complet de tous - sur le loup.
Vous pouvez y aller sans retenue, vous ne le regretterez pas.
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CHANNIG PLEURDUD
Section Kreiz Breizh


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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    Mer 21 Fév 2018 - 11:49

J'avais signalé le livre de B.Morizot sur un autre post

http://www.forumbretagne-vivante.org/t16886-carte-de-dispersion-du-loup?highlight=le+loup

il était passé sur France-Culture :
https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouvelles-vagues/l-animal-15-une-nouvelle-carte-du-vivant-loup-y-es-tu

Il faut maintenant que je me procure le livre de Jean-Marc  Landry !!

Bonnes lectures à tous
Jeanine
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Arlan

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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    Mer 21 Fév 2018 - 14:35

Oups, désolé !

Je suis récent sur le forum et je n'ai pas encore eu l'occasion de le parcourir entièrement.
J'avais écouté l'émission sur France Culture et c'était vraiment très bien, le seul souci avec ce genre d'émission c'est que c'est une diffusion assez restreinte et malheureusement des gens comme Baptiste Morizot -ainsi que leurs travaux - restent toujours méconnus du grand public.
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GOLAWIL

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MessageSujet: Nos amies les baleines de Diolé et Cousteau   Lun 14 Mai 2018 - 17:21

"Nos amies les baleines" de Diolé et Cousteau
Les livres de Diolé et Cousteau mélange un peu le journal de bord au résumé de publications internationales. C'est instructif mais parfois trop théorique, trop détaché de leurs propres missions. (Quant au style journal de bord, il est trop peu littéraire à mon goût).
Mis à part ces critiques de style, on apprend beaucoup de chose sur la faune des océans. Au moment de leur parution (années 1970), il y avait eu très peu d'études des mammifères marins dans leur milieu. Ces livres sont donc des témoignages des premiers contacts scientifiques entre les humains et les cétacés et autres pinnipèdes (dans ce livre, il s'agit des baleines). Outre l'invention des scaphandres autonomes, l'équipe Cousteau a imaginé et testé de nombreuses techniques, ils avançaient vraiment dans l'inconnu.
Dans cette édition (j'ai lu), le récit est complété par des photos couleurs de baleines et de l'équipe Cousteau. Le livre se termine par des appendices sur l'histoire de la chasse à la baleine et des illustrations des différents cétacés représentés à la même échelle.


"La seule technique que nous ayons mise au point consiste à se servir de deux zodiacs rapides. L'un passe devant le museau de la baleine et s'efforce de la ralentir - ce qui ne va pas sans risques. De l'autre zodiac, cinéastes et plongeurs se jettent à l'eau, devant la tête, la regardant passer au-dessus d'eux ou au-dessous d'eux et .. font ce qu'ils peuvent : monter sur son dos, s'accrocher à un aileron .. Lorsqu'ils se sont laissé désarçonner et distancer, le zodiac vient les reprendre, rattrappe l'animal et le jeu recommence. C'est hélas l'unique méthode d'observation; si empirique, si aléatoire qu'elle soit, elle nous a tout de même appris beaucoup de choses."

"Il s'est présenté des cas où il a paru possible d'attribuer une signification précise au langage des baleines. Une nuit où elles parlaient beaucoup et où on les entendaient parfaitement dans les hydrophones, elles ont fait surfaces et elles ont repéré Lagorio dans son zodiac, le casque aux oreilles, entouré de tous ses fils et de ses appareils. Elles étaient tout près de lui et elles se sont mises à faire entendre de petits cris excités comme des cris de souris. Lagorio est toujours resté persuadé qu'elles parlaient de lui. Flatteusement."

"Lorsqu'on s'approche très doucement d'une baleine endormie, l'impression est extraordinaire. On ressent cette présence écrasante, obsédante. De temps à autre on entend son souffle et on est même aspergé. On frôle une vie démesurée, énigmatique, incarnée dans ce cylindre noir très fermé. Il faut imaginer cette masse infiniment plus grosse que celle du plus gros éléphant et qui bouge très lentement dans l'eau plate, dans l'eau grise, métallique, du lagon. Là-dessus la lumière très fine, voilée de la Basse-Californie, un ciel souvent plombé et au pied des dunes, des trous d'eau sans profondeur, couleur d'étain."

À l'exemple de Cousteau, les scientifiques français vont prochainement employer des artistes (écrivain, illustrateurs, ...) pour les aider à raconter leurs missions.
https://www.ouest-france.fr/sciences/environnement-grand-nord-des-artistes-en-mission-scientifique-5739266

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GOLAWIL

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MessageSujet: Sur la piste animale de Baptiste Morizot   Mer 13 Juin 2018 - 11:26

"Sur la piste animale" de Baptiste Morizot
Pour faire échos aux livres cités plus haut, voici un autre livre de Baptiste Morizot sur le pistage des grands mammifères. C'est un intéressant mélange de réflexions sur l'influence du pistage (des premiers hominidés) sur le développement de la pensée humaine et par le plaisir que cette activité nous procure encore aujourd'hui. On accompagne l'auteur suivant à la trace des loups dans le sud de la France, des ours en Amérique du nord et des panthères des neiges au centre du Kirghizistan. Il évoque tout le problème de pister sans avoir développé un odorat performant, et le travail de l'imagination nécessaire pour compenser les lacunes des informations visuelles.


"Un seul ours invisible transforme toute une chaîne de montagnes, il la recouvre d'un autre éclat. Il donne du relief à chaque buisson, qui a désormais un derrière caché. Il creuse une autre profondeur dans les taillis, qui retrouvent leur dimension d'habitats. Il empêche que la Nature ne devienne l'arrière-plan d'un selfie. Il fait émerger d'autres pôles dans le monde, car nous ne sommes plus le seul sujet, le seul point de vue qui configure le monde : la peur légère, même si le risque est très faible, nous force à reconnaître qu'il y a un autre sujet qui nous objective, du seul fait qu'il peut nous traîter en objet, c'est-à-dire nous faire subir sa volonté contre notre gré. Il nous restitue notre statut écologique du vivant parmi les vivants, pris dans la grande circulation de l'énergie solaire que constitue la communauté biotique."

"J'écris dans mon carnet : "Aujourd'hui, j'ai trouvé mon premier grattis, et un poil presque évanescent de panthère ! Si léger, à peine visible, à peine accroché à une paroi de roc." Avec un peu d'effort pour voir le monde depuis la perspective d'un autre corps que le sien, on finit par trouver un duvet fragile au milieu d'un chaos rocheux. Par pressentir les passages qui attirent son œil et son corps de panthère, avec son style de mouvement propre, les lieux qu'elle voudra marquer, les rocs parfaits."

"Car le problème, c'est que si on peut se contenter de reconnaître un animal par son odeur et de le suivre en allant vers le lieu où cette odeur est la plus forte, la trace toute seule n'évoque rien : il faut la décrypter, l'interpréter, la lire. L'effet collatéral de n'avoir pas de bon nez, c'est que l'œil est voué à faire plus de travail, branché sur le cerveau : il doit déterminer par exemple, pour commencer, dans quelle direction est parti l'animal, à partir de l'asymétrie des traces. C'est déjà un acte intélectuel élaboré qui est exigé du seul fait que l'image est moins prodigue en informations directes que l'odeur."

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GOLAWIL

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MessageSujet: Samouraïs dans la brousse de Guillaume Jan   Mar 21 Aoû 2018 - 8:04

"Samouraïs dans la brousse" de Guillaume Jan
Dans ce récit de voyage, l'auteur part sur les traces du japonais Takayoshi Kano. Ce primatologue est le premier à avoir étudié les Bonobos dans leur milieu naturel, les forêts du Congo, dans les années 1970. (Kano est l'auteur de The Last Ape: Pygmy Chimpanzee Behavior and Ecology, étude qui n'est malheureusement pas traduite en français).
Cette aventure est l'occasion de découvrir l'historique de la découverte des Bonobos et également de constater les gros problèmes politiques du Congo (ex-Zaïre, ex-Congo belge). La misère pousse les populations locales à exterminer la faune, tuant au passage les Bonobos.
C'est un livre que j'ai beaucoup apprécié. Il est très bien écrit. Le mélange d'histoire, de nature et de voyage est dépaysant et m'a appris beaucoup de chose sur le Congo et les Bonobos.

"Le scientifique se prenait parfois pour un explorateur du XIXe siècle, à chercher la petite bête sur ce territoire prodigieux. Il s'engageait à pied sous la canopée, jumelles autour du cou, carnet en main, espérant trouver une piste, un indice, un nid, des pelures de fruits. Il s'engouffrait sans frémir dans la jungle, s'embusquait dans les clairières, écoutait le silence qui se transformait en bourdonnement aigus, en chuintements intrigués, en moustiques qui venaient lui chatouiller les oreilles, puis il se mettait à pleuvoir."

"J'erre seul dans la pièce principale, faiblement éclairée par un carré de plastique translucide incorporé au toit de chaume, je bois une tasse de café froid pour me revigorer, un album photo est posé sur la table. Il raconte en images la vie de quelques-uns des bonobos de Wamba. Un chercheur, peut-être Takayoshi Kano, a commencé à faire leur trombinoscope, avec un portrait de chaque individu, son nom, son âge et le groupe auquel il ou elle appartient. Mines curieuses, songeuses, surprises, inquiètes, concentrées ou rieuses, qui révèlent de plus belle la proximité de ces grands singes avec l'Homo sapiens."

"Batsindelia brise une tige et marque la terre de deux coups de talon, avant de bifurquer dans la pénombre d'un layon minuscule. Le pisteur balise sa route à chaque embranchement du grand labyrinthe, c'est son habitude, sa technique de Petit Poucet. Quelques étoiles scintillent encore au-dessus de la canopée, le décor grouille des bruits humides qu'exhalent grenouilles, insectes et oiseaux nocturnes. Parfois, une nuée de vers luisants nous ouvre le chemin : nous sommes partis avant l'aube pour assister au réveil des bonobos, Batsindelia en tête, Jacques et moi derrière. Hâte et mélancolie de voir ces proches cousins. Hâte de les voir enfin après toutes ces journées à en parler, toutes ces nuits à en rêver, et mélancolie de savoir qu'ils risquent fort de connaître le même destin que l'homme de Néandertal, le mammouth laineux ou le tigre de Tasmanie."

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GOLAWIL

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MessageSujet: Toupou-Toupou de Peter Krott   Lun 3 Sep 2018 - 18:37

"Toupou-Toupou" de Peter Krott
Toupou-Toupou est le nom affectueux dont l'auteur avait affublé les Gloutons (Gulo gulo). L'histoire, autobiographique, se déroule dans les années 1950, entre la Suède et la Finlande. A cette époque, les naturalistes étaient tous un peu chasseur. Peter Krott, l'était aussi, et il gagnait sa vie en vendant à des zoos les animaux qu'il capturait. Il a rapidement remarqué que les espaces sauvages se réduisaient et que la grande faune se raréfiait. L'idée lui est venue de créer une réserve privée. Le manque d'argent a saboté son projet. Il s'est alors tourné vers l'étude des gloutons, un redoutable prédateur apparenté aux fouines et pouvant atteindre la taille d'un petit ours.
Peter Krott raconte sa relation avec les divers animaux qu'il élevait ainsi que les tensions avec les villageois effrayés par la présence de ces carnassiers près de chez eux. La discrétion des Gloutons et leur capacité à tuer des rennes (d'élevage) ou des élans (gibier) ainsi que leur faculté à échapper aux traques des chasseurs en faisait, dans ces contrées, une bête diabolique.


"Le glouton aime la neige, et l'hiver, où d'autres bêtes souffrent de la faim, est pour lui la meilleure saison. Sur ses larges pattes qui s'ouvrent comme des nageoires dans la neige et même dans les marécages, il se meut sans efforts dans n'importe quel terrain, tandis que les élans et les rennes marchent à grandes enjambées comme sur des échasses, et que le loup et le renard enfoncent désespérément. Dans ces conditions, il réussit à attrapper très facilement l'élan même le plus rapide, il bondit sans bruit sur le lièvre enfoncé dans la neige, et quand il rencontre un loup près d'un cadavre, il a largement le dessus."

"Je m'engageai sur une pente raide à travers une forêt de sapins pour arriver de nouveau à un marais avec des petits sapins rabougris. Derrière le marais s'élevait la crête couverte de bruyère du Grand Höktanden. A midi, j'étais en haut. Jamais pareille vue ne s'était offerte à mes yeux : de tous côtés, et sur des lieues, rien que des marais et des forêts primitives où brillait çà et là un lac, et au nord, les cimes couvertes de neige d'Idre et du Jämtland. Même avec des jumelles je ne pus découvrir une seule cabane de planches. Les gloutons vivaient ici dans les conditions les plus favorables. Je m'étendis dans la bruyère du sommet en regardant le ciel. Au-dessus de moi planait une buse en courbes gracieuses, et à quelques mètres sifflait une vipère. Des insectes bourdonnaient, et il régnait une paix qui ne peut régner que là où ne sont pas les hommes. Moi-même je n'avais pas ma place ici."

"J'allais maintenant doucement à travers des fourrés de saules, au bord d'un marais. A quelque cent mètres devant moi, surgirent silencieusement trois élans. Youka n'avait pas l'air de les voir. Il n'en fut pas de même quand nous croisâmes leurs traces. Il fila comme une flèche à leur poursuite, et il eut bientôt disparu. C'était typique pour un glouton. Le gibier vivant qui passe ou qui s'envole ne retient pas son attention. Cela se comprend d'ailleurs, car il n'a ni la rapidité du loup ni la patience du lynx. Mais une trace dans la neige l'intéresse toujours au plus haut point. Car il sait qu'il aura sa proie tôt ou tard. Et si cette proie est déjà devenue une charogne par les soins d'un autre quadrupède, c'est tant mieux. Le glouton chassra alors le propriétaire légitime, et il aura évité la peine d'abattre la victime."

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Arlan

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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    Sam 15 Sep 2018 - 13:48

Intéressant !

Le glouton est un animal très méconnu.
Il est vrai que "médiatiquement" il souffre de la concurrence d'autres prédateurs plus emblématiques tels que le loup, l'ours ou le lynx, alors que c'est un animal tout aussi fascinant à bien des égards.

Il y a également ce livre (en anglais) :  http://eu.patagonia.com/fr/fr/product/the-wolverine-way-paperback-book/BK212.html?dwvar_BK212_color=000&cgid=books-stories#tile-12=&start=1&sz=36
par contre je ne l'ai jamais lu, donc à voir...

En tout cas merci pour le partage, j'espère qu'il est toujours disponible.

Arlan
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GOLAWIL

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MessageSujet: Ménagerie sans barreaux de May et Henry Larsen   Mer 19 Sep 2018 - 7:18

"Ménagerie sans barreaux" de May et Henry Larsen
Henry Larsen était taxidermiste. Il travaillait pour le muséum d'histoire naturelle de Genève. Il est également le fondateur du zoo de Genève. Dans les années 1950, il a mené avec sa femme plusieurs expéditions en Amérique du sud, notamment en Guyane française. Les deux auteurs relatent, dans ce livre, les relations qu'ils ont nouées avec des animaux sauvages. On sent dans le titre une prise de conscience sur le problème des animaux en cage même si eux-même gardent souvent attachés les animaux qu'ils élèvent.
Henry Larsen, pour fournir ses commandes, achètait les animaux que les indigènes lui apportaient. Ceux dont il n'avait pas besoin étaient nourris et adoptés pour étudier leur comportement. C'est ainsi qu'il découvrait le comportement des animaux.
Aujourd'hui, ces méthodes de travail sont prohibées mais il faut resituer les évênements dans leur contexte. À l'époque il était très probablement en avance sur les mentalités de ses concitoyens. Pour les mêmes raisons on sent une certaine condescendance envers les animaux, ainsi qu'envers les femmes et les noirs. Malgré tout ces aventure sont agréables à lire et les espèces citées sont assez originales.


"Avez-vous jamais vu un colibri se gratter le nez ? C'est un spectacle qui dériderait les plus blasés.
Notre affection pour les colibris, et plus particulièrement pour ce colibri-là, datait du jour où nous l'avions vu se gratter le nez.
Chaque fois que nous nous attachons spécialement à un animal, nous lui donnons un nom. Pas seulement pour rire, mais aussi parce que cet animal a toujours une histoire, qu'une histoire a toujours un héros, et que ce héros doit avoir un nom. Donc nous avions baptisé le colibri "Bricole" - logique en somme - et nous nous nous étions mis à surveiller très attentivement ses allées et venues devant notre case et dans les arbres proches, afin de connaître son histoire."

"Entre-temps, j'avais bien fait remarquer à ma compagne que mon propos n'était pas de faire en ce pays de la chasse sportive, mais un travail scientifique de collections, ce à quoi elle m'avait rétorqué avec douceur que l'un n'empêchait pas l'autre et qu'elle était tout autant que moi opposée aux sacrifices inutiles, à condition tout de même de ne pas confondre la bonté avec la bêtise, en se privant volontairement - et surtout en privant sa femme - d'un objet utile, par ailleurs fort coûteux en Europe. Elle ajouta, mine de rien, que les jaguars infestaient la région, que les indigènes se plaignaient de ce qu'ils s'attaquaient à leurs volailles et à leur petit bétail et qu'un jaguar de plus ou de moins ne serait pas une perte réelle, dans le sens où l'on entend ordinairement ce terme."

"C'est peut-être ce recul dans le temps qui fait que l'on sent, sous ces sombres futaies, vivre la nature autour de soi avec autant d'intensité, dans un monde qui ne paraît pas avoir été créé à la mesure de l'homme.
Nous avons souvent dû passer, May et moi, des nuits à la belle étoile, à l'intérieur même de cette forêt. Jamais nous n'avons éprouvé ailleurs, pas même en mer, où pourtant l'impression de solitude peut être grande, une sensation d'isolement aussi total, accompagnée de la pleine conscience de notre faiblesse. Jamais nous n'avons été la proie de sentiments plus divers, et plus difficiles à exprimer, que sous l'inextricable enchevêtrement des lianes, tissant ce qui semble être la toile d'une araignée géante, et sous le dôme sombre et sonore de cette immense cathédrale de verdure toute murmurante de bruits étrange."

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MessageSujet: L'ours bleu de Lynn Schooler   Mer 3 Oct 2018 - 7:45

"L'ours bleu" de Lynn Schooler
Lynn Schooler guidait les personnes avides d'approcher la nature indomptée de l'Alaska. Il a notamment aidé le célébre photographe animalier japonais Michio Hoshimo dont il est devenu un ami proche. Dans ce livre, l'auteur nous dévoile la rudesse de cette région où les risques sont nombreux et la mort bien présente. Les dangers sont malheureusement autant imputables à la nature qu'à l'homme. (Plusieurs de ses amis perdront la vie). Mais c'est aussi le récit de ses navigations à la recherche des baleines et les tempètes affrontées avant d'accoster pour ses explorations au pays des ours. Cette obsession qu'il partage avec Michio Hoshimo pour l'ours bleu, donnera un sens à sa vie dans les durs moments.
Cette autobiographie est un hommage au photographe japonais tué par un ours au Kamtchatka.


Le printemps est aussi le moment de l'année où les ours émergent de leurs antres hivernaux, et puisque je gagne ma vie comme guide, aidant les photographes animaliers à les trouver et à capturer leur image, ce moment marque le début de mon année plus précisément qu'aucune fête du calendrier. En avril les jours rallongent rapidement, et la neige profonde en haut des pentes commence à se désagréger dans les flots de lumière. Goutte à goutte, l'eau de fonte se faufile sous la couverture de neige et la croûte s'affaisse. Les grizzlys qui dorment sous la surface sursautent et s'agitent, alertés par l'intrusion d'odeurs neuves dans leurs cavernes tapissées de mousse.

Plus tard, je compris que l'explication de Michio était un simple prolongement d'une méthode utilisée pour repérer des animaux camouflés ou partiellement dissimulés : regarder ce qui est là, non ce qu'on espère voir. Des tas de gens partent dans la forêt en s'attendant à tomber sur un cerf ou un ours entier prenant la pose comme sur les calendriers. Au bout d'un certain temps, néanmoins, on apprend à chercher la ligne saugrenue d'une patte immobile derrière un rideau de broussaille, une tache de couleur légèrement différente du reste d'une ombre, ou le frémissement d'une oreille dans l'herbe haute. La capacité à discerner la faune sauvage s'accroît prodigieusement à mesure qu l'on renonce à chercher une image préconçue.

"C'est une toute petite région", objectai-je. La plupart des livres de photos sur l'Alaska couvraient d'immenses portions du territoire. Qui plus est, ayant assisté au prodigieux travail de mes clients sur leur propres livres, me lancer seul dans une telle entreprise paraissait trop intimidant.
Michio secoua la tête. "Si un endroit est très important pout toi..." Il buta, séparant chaque syllabe d'im-por-tant, puis il leva l'index pour souligner ses paroles suivantes : "C'est... ça devient ta responsabilité de faire un livre." []
Comme s'il lisait dans mon esprit, il ajouta : "Beaucoup de gens ne peuvent jamais voir une chose pareille, fit-il en désignant d'un geste large les montagnes et l'eau. Et peut-être que les choses vont changer.

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MessageSujet: L'invention de la Nature, les aventures d'Alexander von Humboldt de Andrea Wulf   Jeu 18 Oct 2018 - 8:25

"L'invention de la Nature, les aventures d'Alexander von Humboldt" de Andrea Wulf
Je vous recommande vivement ce livre. C'est une biographie du savant et aventurier Alexander von Humboldt. Plus qu'un simple récit de  sa vie, c'est aussi le récit de l'influence de son oeuvre. Humboldt était un enthousiaste, capable de relier toutes les découvertes de la science pour une meilleure compréhension du monde. Son caractère hyperactif et ses nombreuses publications ont été très influents en Europe et en Amérique. Pour situer le personnage, il est né en 1769, la même année que Napoléon, et il est mort en 1859, année de la publication de l'origine des espèces de Darwin.
Son voyage en Amérique "équinoxiale", a été pour lui une révélation sur les logiques de la nature, comme par exemple le fait que les mêmes types de plantes se trouvent en altitude et près des pôles. Durant ce voyage, il a aussi été scandalisé par l'esclavage et le colonialisme espagnol. Il les a d'ailleurs dénoncés comme il a dénoncé le pillage des terres américaines, la destruction de la nature. De retour à Paris, Humboldt croisera le jeune Simon Bolivar et le destin de l'amérique espagnole sera boulversé.
Il faut lire ce livre pour se rendre compte de l'influence de Humboldt sur la perception que nous avons aujourd'hui de la nature et pour réaliser comme il était en avance sur temps.


"Nous fûmes étonnés, rapporta-t-il, de voir combien de choses sont liées à l'existence d'un seul végétal." Les fruits de ce palmier attiraient les oiseaux, les feuilles arrêtaient le vent, et le sol accumulé derrière les troncs restaient humide plus que nulle part ailleurs dans les Llanos, ce qui permettaient aux insectes et aux vers de terre de vivre et de se reproduire. "On croit jouir de quelque fraîcheur au moindre bruit de feuilles", ajoutait-il, conquis par ce palmier qui "répand la vie autour de lui dans le désert". Humbolt fut ainsi le premier à énoncer l'idée d'espèce "clé de voûte", une espèce aussi essentielle dans un écosystème que cette pierre l'est en architecture, presque deux cents ans avant que le concept soit ainsi nommé. Pour Humboldt, le palmier Mauritia était "l'arbre de vie" - symbole s'il en est d'une nature vue comme un organisme vivant.

Alors que Darwin parcourait Santiago, il vit les plantes et les animaux à travers les yeux de Humboldt, et les roches à travers ceux de Lyell. Quand Darwin retourna au Beagle, inspiré par ce qu'il avait vu sur l'île, il annonça à son père dans une lettre : "Je vais pouvoir effectuer des travaux originaux en histoire naturelle." [...] Jamais il ne se lassait de répéter que seul Humboldt était parvenu à bien décrire les tropiques. "Plus je le lis, plus je l'admire", déclare-t-il dans une lettre à sa famille, et dans une autre : "Auparavant, j'admirais Humboldt, à présent je le vénère presque." Les descriptions de Humboldt étaient sans équivalent, pensa-t-il en découvrant le Brésil, grâce à "la rare union de la poésie et de la science".

L'année où il inventa le terme "écologie", Haeckel suivit enfin les traces de Humboldt et de Darwin sur des rives lointaines. En octobre 1866, plus de deux ans après la mort d'Anna, il se rendit à Tenerife, une île devenue presque mythique pour les scientifiques depuis que Humboldt l'avait décrite avec un art consommé dans son Voyage aux régions équinoxiales. Il était temps pour Haeckel de réaliser ce qu'il appelait son "plus vieux et plus cher rêve de voyage". Près de soixante-dix après Humboldt et trente ans après Darwin et son expédition sur le Beagle, Haeckel prit la mer. Bien qu'ils appartiennent à trois générations différentes, ils pensaient tous trois que la recherche n'était pas un exercice purement intellectuel. Leur science à eux demandait des efforts physiques pour observer la flore et la faune - palmiers, lichens, crustacés, oiseaux ou invertébrés marins - dans leur habitat naturel. Pour comprendre l'écologie, il fallait explorer des mondes nouveaux foisonnants de vie.

Un livre passionnant qui nous éclaire sur cette période (fin XVIIIe-début XXe) et sur la naissance de l'écologie.
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MessageSujet: Les démons des mers de Hans Hass   Hier à 10:13

"Les démons des mers" de Hans Hass (1953)
Hans Hass est un des pionniers de l'exploration sous-marine. Avec ce récit, il nous entraîne dans les profondeurs de la mer rouge, décrivant la beauté insoupçonnée des coraux et ses rencontres angoissantes ou magiques avec la faune. Pour la réussite de son expédition, il est amené à cotoyer des pécheurs locaux aussi bien que des personnalités comme le délégué du gouverneur anglais et le Madhi pacha. C'est vraiment dépaysant !


Recommencer ! Dans ma situation, je ne pouvais évidemment pas penser mettre debout une nouvelle expédition. Mais rien n'était capable de m'empêcher de reprendre ma carrière d'explorateur sous-marin, seul, sans aucun collaborateur, et de partir dans le lointain, quelque part où se trouvaient des récifs de corail, au-dessus de profondeurs marines vierges. Je pouvais continuer seul mes recherches. Je pouvais chasser, observer, prendre des photographies sous-marines, et ensuite, avec ce nouveau matériel, faire des conférences, écrire des articles et des livres et conquérir ainsi une nouvelle base pour des entreprises plus importantes.

J'avais l'impression de me trouver dans une ville pleine de temples orientaux, submergée et recouverte de plantes grimpantes multicolores. Des forteresses de corail, d'une dizaine de mètres de hauteur, avec des façades magnifiquement ornées, surplombaient d'innombrables tourelles. Des précipices presque verticaux taillaient des rues entre les rochers. Ce qui donnait à ce tableau ses étranges couleurs était la croissance, particulièrement épaisse, des alcyonaries, qui s'étalaient comme une forêt vierge. Contrairement à la plupart des coraux, ils ne sécrétaient pas de chaux, et leurs polypes n'avaient pas six , mais huit tentacules, qui, par surcroît, étaient duvetés. Ils s'ouvraient, telles de petites étoiles, dans un rythme uniforme et rentraient leurs petites têtes à mon approche.

J'étais tellement occupé à détacher mon harpon du poisson que j'aperçus ce nuage noir lorsqu'il était à deux mètres de moi. Quand je levai les yeux, toute une phalange d'yeux étaient fixés sur moi. Une formation silencieuse d'au moins quarante barracudas, d'un mètre et demi de longueur, avançait dans ma direction.
Je connaissais ces terribles poissons de proie depuis les Indes Occidentales. Nous y avions renconré des exemplaires encore plus grands, mais ils étaient toujours isolés et n'osaient pas nous attaquer ; jamais encore je n'en avais vu une telle cohorte. Et je commençai à croire que Bill, Mahmoud et les autres avaient raison lorsqu'ils me mirent en garde avec autant d'insistance contre les barracudas que contre les requins. Ils ne peuvent pas, comme les requins, dévorer tout un membre, mais ils se précipitent de tous côtés sur leur victime et lui arrachent des lambeaux de chair, et le goût du sang finit par les rendre complétement déchaînés.

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MessageSujet: Re: [Biblio] Récits d'aventures naturalistes    

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